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Journal of Intercultural and Interdisciplinary Archaeology

Lingue e culture del Mediterraneo antico

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Henry Tréziny


TITOLO: "Les enceintes urbaines archa•ques dans le monde grec."

Lors de la fouille du plateau Sud de Mégara Hyblaea, au début des années 1980, nous avons proposé une datation haute de l'enceinte, avant la fin du VIe s., ce qui en faisait presque un unicum.
Dans la première édition de L'urbanisme dans la Grèce antique (1956), R. Martin insistait en effet sur le caractère "non nécessaire" des fortifications dans la cité grecque: " le tracé de l'enceinte n'a qu'un caractère secondaire, pratique, et uniquement défensif " (p.190).
Suivant Thucydide (III, 32), R. Martin considérait que les villes d'Ionie et d'éolide avaient été les premières, vers le milieu du VIe s., à élever de solides murailles, et qu'Athènes même n'avait pas de fortifications avant la fin du VIe s., même s'il admettait un peu partout des fortifications d'acropole, et envisageait l'existence possible d'enceintes urbaines en Occident dès le VIIe s.
Dans la deuxième édition (1974), R. Martin tenait compte des fouilles récentes des murailles géométriques de la VIe Vieille-Smyrne (Bayrakli), de Méliè (près du cap Mycale), mais insistait (p.290) sur l'extension limitée de ces habitats: " Il n'y a pas contradiction; les premières agglomérations, de surface limitée, sont plutôt des points d'appui défensifs, assurant la protection d'une plaine, d'une vallée, d'un port; elles font la transition entre la citadelle fortifiée mycénienne avec son palais (...) et les acropoles défensives des premières grandes cités dont les sites beaucoup plus vastes ne recevront effectivement de fortifications qu'au VIe s. ".
Cette opinion est d'une certaine façon confortée par Snodgrass (1986), qui insiste sur la solution de continuité entre les palais mycéniens, les sites géométriques fortifiés du VIIIe s. et les grandes cités de l'époque archaïque.
Cependant, dès 1971, F. E. Winter a envisagé une autre lecture du texte de Thucydide.
Partant du principe que Milet (selon Hérodote) devait avoir une enceinte urbaine vers la fin du VIIe s., lors du siège d'Alyatte, il suppose que les villes ioniennes ont dû reconstruire vers 550 des murailles souvent anciennes, tombées en désuétude lors de la domination lydienne. Quoique la question ait été fort débattue, on admet par ailleurs aujourd'hui qu'érétrie, en Eubée, avait une enceinte urbaine dès la fin de l'époque géométrique; or érétrie, qui pourrait avoir succédé à l'habitat plus ancien de Lefkandi, est d'une certaine manière un établissement colonial comparable à ceux que les Eubéens fondaient à la même époque en Occident.
La question des enceintes archaïques se pose en effet avec plus d'acuité encore dans les sites coloniaux. On considère généralement que, fondées dans la deuxième moitié du VIIIe s., au moment où en Grèce propre se constituent les cités, les colonies grecques innovent. De nouveaux principes d'urbanisme et d'occupation du sol sont mis au point pour résoudre des problèmes nouveaux sur des territoires (généralement) vierges. Même si les Grecs s'installent souvent en accord avec les indigènes, même s'ils semblent la plupart du temps militairement supérieurs, les colons grecs doivent tenir compte d'un environnement qui pouvait être hostile. De toute manière, le développement rapide des cités a dû entraîner très vite des conflits frontaliers, et des guerres entre voisins, que l'on connaît surtout en Grande Grèce (destruction de Siris et de Sybaris, bataille de la Sagra), mais qui ont dû exister aussi en Sicile, avant même l'établissement des grandes tyrannies de la fin du VIe s.

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